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Danse de travers

16 octobre 2018 - 9 janvier 2019

ARTISTE : Christian Lhopital

Commissariat : Jean-Hubert Martin

Il y a les œuvres qui vous sautent à la figure, qui agressent quasiment le regardeur, lorsque les couleurs en jaillissent comme des grenades, et puis il y a celles plus discrètes, qui font moins de bruit et dans lesquelles on pénètre, en découvrant petit à petit un monde trouble et inconnu, au risque de s’y perdre ou au moins d’en ressortir avec plus d’inquiétudes que de certitudes. Les dessins de Christian Lhopital appartiennent à ce dernier groupe.
C’est du moins dans cette catégorie qu’on avait tendance à le classer, ce que vient partiellement contredire cette exposition où les dessins se déploient très largement sur les murs et dans l’espace et viennent de ce fait assaillir le spectateur. Le graphite impose une dominante noir et blanc qui renvoie aux origines de la peinture pariétale. Si l’artiste excelle dans le petit format, voilà bien longtemps qu’il a démontré sa capacité à envahir de grandes surfaces et à y faire surgir un monde grouillant d’improbables créatures venues de l’au-delà. L’usage de la couleur ne lui est pas étranger non plus, mais il l’a pour l’instant réservé à la feuille de papier, avec une prédilection pour des teintes rares, mais non moins percutantes.
Les rêves et les fantasmes qu’il met en scène pourraient se passer de description. Les êtres auxquels il donne naissance sont souvent si nébuleux et fantomatiques qu’on craint de leur accoler des noms. Nommer ces fantômes risque de les faire disparaître. Toute définition va les figer dans une forme qui n’est que transitoire. Ces esprits sont éphémères et ce que capte le regard n’est qu’un instantané d’un flux incessant d’apparitions et de disparitions. Les mirages, les résurrections, les accidents et les chutes participent du mouvement de la vie, aussi onirique soit-elle, pointant la fragilité des êtres. Les enfants y sont légion, rarement pour la beauté innocente qu’il est de bon ton de leur attribuer, mais bien plus comme des rejetons hydrocéphales et monstrueux en quête de vengeance sur de vagues adultes. Les beautés se délitent, les corps se vident et atteignent un état de fusion qui les réduit au magma originel.

Extrait du texte La danse des enfantômes

Jean Hubert Martin 
Commissaire de l'exposition

#DANSEDETRAVERS
@DRAWINGLABPARIS

 

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Christian Lhopital, Patience et torpeur

Christian Lhopital, Patience et torpeur IX, 2017, aquarelle et technique mixte sur papier, 132 x 114 cm.
© Christian Lhopital

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VERNISSAGE

LUNDI 15 OCTOBRE 2018  |  18H-21H
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LE DUO ARTISTE / COMMISSAIRE

Portrait_Christian Lhopital

Christian Lhopital

Christian Lhopital est né à Lyon où il vit et travaille. Diplômé de l’ENBA en 1976, le dessin s’impose à lui par sa pratique légère et nomade, une feuille de papier, un stylo bille.

En 1982, il entreprend des dessins de très grands formats sur papier marouflé sur toile, exposés au MAC Lyon en 1985. A partir de 1991, il recouvre ses grands dessins de lavis d’encre de chine et de gesso, les Recouvrements. En 1998, il commence avec Broken shadows la première série de dessins à motif répété, « cinématiques », qui sera exposée au Casino Luxembourg. En 1999, il crée sa première sculpture/assemblage avec des peluches plongées dans la peinture blanche installée devant son premier dessin mural à la poudre de graphite. Il réalise pour le MAC de Lyon, en 2012 un dessin mural sur panneaux démontables, L’énigme demeure UNLMTD. Ce printemps, au GMoMa de Ansan en Corée du Sud, il crée son 20e dessin mural de 6mx30m  A kind of mind - vue de l’esprit.

EN SAVOIR +
Portrait Jean-Hubert Martin_G Soussan 2014

Jean-Hubert Martin

Jean-Hubert Martin fut directeur de la Kunsthalle Berne, du Musée d’art moderne Centre Pompidou, du Musée des arts d’Afrique et d’Océanie, Paris et du Museum Kunst Palast, Düsseldorf. Il a dirigé les programmes artistiques du Château d’Oiron et du PAC, Milan. Son intérêt pour les cultures non occidentales l’a conduit à concevoir des expositions décloisonnées en confrontant des œuvres de caractère hétérogène et à favoriser ainsi un renouvellement du regard. Il a été commissaire de nombreuses biennales et expositions d’envergure : Paris - Berlin (1978), Paris - Moscou (1979), Magiciens de la terre (1989), Carambolages (2016).

VUES DE L'EXPOSITION