31 janvier 2019 – 22 février 2019 : I am everywhere

Artiste : Michail Michailov

L’EXPOSITION

A première vue, il n’y a rien. Du moins si peu que le regard est immédiatement convoqué à scruter la feuille de papier sur laquelle il croit ne voir que poussières fines ou taches de graisse. A regarder de plus près, il prend vite la mesure d’une forme de trompe-l’œil, pour finalement fouiller encore plus avant et découvrir comment l’artiste rivalise avec le réel à l’aide de simples crayons noir et de couleurs. En déjoue toute perception et le fait basculer à l’ordre d’un faux-semblant.

L’art de Michail Michailov ne se contente toutefois pas d’être requis par l’illusion, aussi parfaite soit-elle ; il l’est surtout par ce sentiment de vertige qu’instruit son travail à l’épreuve du vide. D’autant que la feuille de papier immaculée sur laquelle il s’applique à reproduire, au plus fidèle, l’insignifiance de ces menues saletés apparaît paradoxalement encore plus vide avec le dessin.

Du rapport de ce dernier à l’empreinte, il n’est plus temps de gloser. Tout a été dit. Mais le caractère organique du sujet lui-même dont se saisit l’artiste confère à chacune de ses feuilles une charge vive et sensible qui renvoie au corps. Sa présence ne s’exprime jamais mieux qu’à travers la notion de  trace, partant de l’idée de saleté, sinon d’humeur. Les dessins de Michail Michailov en présentent toutes sortes de signes qui déterminent d’étranges microcosmes, à fleur de peau.

Philippe Piguet

Michail Michailov

L’artiste Michail Michailov utilise dans ses œuvres différents média artistiques tels que le dessin, la performance, la vidéo et la photographie. Son approche traite de manière ludique de son ‘soi’ et de son ‘moi’ en relation avec son environnement/son milieu/ sa situation. Des questions sur la présence/l’être humain sont posées. Le succès et l’échec, la découverte de soi et le doute de soi-même, la quête du bonheur, la transcendance des limites sont des sujets récurrents. Ce faisant, il utilise son propre nom et sa personnalité comme une métaphore pour l’existence, le moi et la poursuite de l’épanouissement personnel dans une société mondialisée. Il prend différents phénomènes culturels qui influencent le comportement humain et met en cause une société qui cherche la perfection.