IMAGINING THE WORST
Actualité d'artiste
Communiqué
Partant d’une intention de reconstitution fidèle de lieux et de souvenirs, Marguerite Canguilhem juxtapose, au sein d’une même composition, des points de vue divergents, si bien que ses œuvres élargissent le champ d’investigation et démultiplient les potentialités du réel.
IMAGINING THE WORST met en jeu des protagonistes qui semblent habités d’intentions ambigües ; la nature comme les relations des objets représentés interrogent ; enfin, l’issue des scènes semble incertaine. C’est qu’on assiste, au travers des manipulations de l’artiste, à la naissance d’une étrangeté.
Tentant de cerner au plus près « le moment vécu », Marguerite Canguilhem approche la réalité par le truchement de traductions si précises qu’elles en font paradoxalement vaciller le sens. À ce travail de traduction s’ajoute un travail d’impression, au cœur de la démarche de l’artiste. Les monotypes et transferts à l’acétone reflètent en miroir une image de taille identique, préexistante, figée dans l’instant. Chez Marguerite Canguilhem,le dessin est éprouvé en tant que trace, vecteur déformé de la réalité qu’il met en lumière.
Ces différentes techniques ne sont pas dissimulées, au contraire : élaboration des décors, perspectives multiples, études de composition sont mises en évidence, et s’articulent à la narration. Certes, tout est réinterprété, mais tout est montré : ce qui intéresse Marguerite Canguilhem, c’est précisément le lieu où ses représentations ne s’ajustent qu’imparfaitement à la réalité – surgissent alors, sur un même plan, les doubles représentations d’éléments uniques. Perspectives et échelles variables coexistent dans un même espace dont la lisibilité se détériore et s’enrichit à la fois, autorisant diverses interprétations.
Marguerite Canguilhem nous invite à enquêter activement au cœur de ses créations, à tracer notre propre chemin dans les multiples formes et temporalités qu’elle enchevêtre simultanément.