TIERRADENTRO

PRINTEMPS 2021

Artiste : Daniel Otero Torres
Commissaire d’exposition : Anaïs Lepage

L’EXPOSITION

Tierradentro, en français ”la terre de l’intérieur”, est le nom d’un site archéologique situé dans une zone montagneuse et escarpée de la vallée du Cauca en Colombie sur la côte Pacifique. Célèbre pour ses tombeaux funéraires souterrains dissimulés et ses sculptures monolithiques monumentales, il abrite les vestiges de la culture précolombienne du même nom.

S’inspirant de l’architecture fonctionnelle, de l’emplacement et de l’aménagement des espaces du Drawing Lab, situés en sous-sol du Drawing Hotel, Daniel Otero Torres conçoit pour ce lieu, une exposition reprenant les principaux espaces et significations d’un tombeau funéraire préhispanique.

Intégrant l’architecture aux accents brutalistes du bâtiment dans son dispositif – comme il le fait d’usage dans ces dessins – il crée un tombeau des luttes oubliées consacré à des figures populaires et mythiques délaissées de l’histoire. Il réactualise des savoirs et des légendes liées aux rites funéraires précolombiennes de diverses régions d’Amériques Latine, imagine des correspondances avec des cultures archaïques du bassin méditerranéen, et tisse des parallèles avec des récits, expériences ou événements plus contemporains.

À travers une série de dessins au graphite déployées sur différents supports, l’exposition explore les thèmes de la perte et du souvenir, du voyage entre les mondes, des liens entre sacré et profane, entre formes vernaculaires et mythologiques, entre histoire intime et récits collectifs.

La pratique du dessin de Daniel Otero Torres est celle de l’emprunt, de la fragmentation, de la collusion et du détail. Le dessin n’intervient pas à la genèse d’une idée mais en est l’aboutissement : celui-ci est le résultat d’un processus complexe de récolte de photographies d’archives, médiatiques ou personnelles, d’une association de plusieurs images en des compositions hétéroclites, et d’un traitement numérique. Le dessin opère la transposition et la traduction de la nouvelle image sur divers supports parfois monumentaux – papier, inox ou aluminium, surfaces murales. Fruit d’une fusion, d’un assemblage proche du collage, les dessins de Daniel Otero Torres se distinguent par un puissant savoir-faire graphique, l’importance du geste et un souci du détail minutieux qui confine au réalisme.

Anaïs Lepage, commissaire de l’exposition

Sans titre (palmier), 2015, Crayon sur papier
103 x 77 cm © Daniel Otero Torres

L’ARTISTE : Daniel Otero Torres

Né en 1985 à Bogota (Colombie) et diplômé de l’Ecole nationale des Beaux-Arts de Lyon – Prix de Paris 2010, Daniel Otero Torres vit et travaille à Paris.

On a notamment pu découvrir son travail en 2011 au 56ème Salon de Montrouge et au centre d’art le Creux de l’Enfer (Thiers), en 2013 A la suite d’une résidence à Moly Sabata – Fondation Albert Gleize (Sablons) en juillet 2014, il présente Amalgame, au Gac Annonay en partenariat avec l’IAC de Villeurbanne ainsi que De l’autre côté, à l’INSA de Lyon.

Après une première participation remarquée au salon du dessin contemporain Drawing Now en 2015, il participe à la Biennale de Lyon avec Rendez-vous 15 à l’IAC de Villeurbanne et se voit décerner le Prix Rhône- Alpes Jeune Création.

En 2016, son travail a notamment été présenté, à l’occasion de la 66 édition de Jeune création à la Galerie Thaddaeus Ropac à Paris Pantin, ainsi qu’à l’Institut d’art contemporain de Villeurbanne, Rhône-Alpes dans le cadre de l’exposition annuelle de l’Adiaf, Le Temps de l’audace et de l’Engagement – de leur Temps (5) / collections privées Françaises.

En 2017 il est invité à inaugurer le nouvel espace « La palmeraie » au Musée régional d’art contemporain à Sérignan. Il participe à un solo show à la foire d’art contemporain d’Artissima à Turin, dans la section dessin, curaté par João Mourão et Luís Silva, directeurs de la Kunstalle Lissabon. Il fait également partie des lauréats du programme de recherche et de création « Hors les murs » de l’Institut Français avec un projet en Colombie.

En 2018 il démarre une collaboration avec la galerie Mor Charpentier et présente un premier ensemble des travaux à la foire d’Artbo à Bogota. Au cours de l’année 2019 son travail sera présenté à la foire d’ARCO Madrid ainsi qu’à ARTBA Buenos Aires, Frieze New York et à la FIAC.

LA COMMISSAIRE D’EXPOSITION : Anaïs Lepage

Anaïs Lepage est historienne de l’art et commissaire d’exposition indépendante. Formée en Histoire de l’art à l’École du Louvre, en Muséologie à l’Université du Québec à Montréal et en Etudes curatoriales à l’Université Paris I–Panthéon-Sorbonne, elle multiplie les expériences en France et à l’étranger. Elle travaille d’abord à la Maison Rouge à Paris puis au sein de Roven, revue critique sur le dessin contemporain, au Musée d’art contemporain de Montréal et, aux côtés de Guillaume Désanges, à la Verrière – Fondation Hermès à Bruxelles. Elle s’investit ensuite en tant qu’assistant curator au Musée d’Art moderne de la Ville de Paris, au Musée d’art contemporain de Chengdu et à la Fondation Louis Vuitton à Paris. Co-fondatrice d’heiwata, plateforme curatoriale basée entre Paris, Mexico et Toronto, elle conçoit également des expositions et des événements en France, au Mexique et au Danemark. Alliant une approche prospective et transhistorique, ses recherches portent sur les excès, les secrets et les formes minoritaires de l’histoire de l’art en lien avec une histoire culturelle des sensibilités, les problématiques post-coloniales et de genre. Elle contribue régulièrement à des catalogues d’expositions, des monographies et des revues.

DOSSIER DE PRESSE

PARTENAIRES